Le langage
Le langage peut être défini comme l'ensemble des signes permettant de parler. En ce sens, il faut distinguer le langage de la langue, qui est un ensemble de signes particulier et fixé, et de la parole, qui est l'expression signifiante d'un sujet formulée au moyen du langage. Un signe, tel que le définit Saussure dans le Cours de linguistique générale, consiste en l'articulation d'une image matérielle (accoustique, graphique, gestuelle...), le “signifiant”, avec un concept, le “signifié”. Cette articulation dénote d'une part l'idée d'une matérialisation de la pensée dans le langage, et d'autre part l'idée d'un arbitraire du signe, puisque le signifiant n'est que conventionnellement attaché au signifié (permettant une multiplicité de langues particulières). Enfin, l'ensemble de signes que constitue le langage forme système : chaque signe ne trouvant sa définition que dans la référence à l'ensemble des autres signes (paradoxe du dictionnaire). Le langage est donc le système des signes permettant des expressions signifiantes. A ce titre, le langage entretient un rapport intime avec la pensée. Tout d'abord, il révèle la pensée et de ce fait l'existence d'autrui, lequel atteste sa réalité pour moi dans la parole qu'il m'adresse. Ainsi, et plus largement, le langage semble exprimer la pensée, comme si celle-ci le précédait et l'utilisait comme instrument. Et pourtant, n'est-il pas plutôt la condition de la pensée ? Celle-ci n'a-t-elle pas besoin des signes pour se former en se formulant ? (1) Par ailleurs, pourquoi matérialiser un sens ? Le langage est-il destiné, comme le suppose Jakobson, à la communication d'information à un interlocuteur ? Ne serait-ce pas réduire ici le langage à une seule de ses fonctions ? Le langage n'est-il pas aussi, et peut-être essentiellement, un instrument de tromperie et de persuasion, un instrument de pouvoir ? (2) Enfin, si tel est le cas, comment considérer les rapports entre langage et vérité ? (3)
1. Le langage, l'autre et la pensée
Descartes, Lettre au Marquis de Newcastle
Hegel, Philosophie de l'esprit
Orwell, 1984
2. La vocation du langage : communiquer ?
Platon, Gorgias
3. Langage et vérité
Platon, Cratyle
Nietzsche, Vérité et mensonge au sens extra-moral